Avant, pendant et après une crise : organiser son foyer avec un PIMS familial

Lorsqu’une crise survient, les difficultés ne viennent pas uniquement du phénomène lui-même. Elles viennent aussi de ce qu’il faut décider rapidement : où se mettre en sécurité, qui suit l’information, quels médicaments emporter, comment rejoindre ses proches ou que faire si le retour au domicile devient impossible.


Une alerte arrive sur un téléphone.

Une sirène retentit.

L’électricité s’interrompt.

La commune annonce l’évacuation d’un quartier.

Un événement météorologique se rapproche.

Dans ces moments, un foyer peut disposer de matériel et malgré tout perdre plusieurs minutes à répondre à des questions très simples :

  • Où sont les médicaments ?
  • Qui prend les documents ?
  • Quel téléphone doit rester disponible ?
  • Où sont les enfants ?
  • Qui s’occupe de la personne âgée présente dans le logement ?
  • Que fait-on avec les animaux ?
  • Faut-il rester ou partir ?
  • Où doit-on aller ?
  • Qui suit les informations officielles ?
  • Comment prévenir un proche ?

La préparation 72h ne consiste donc pas uniquement à réunir de l’eau, une radio, une lampe et quelques réserves.

Elle consiste aussi à organiser les personnes.

C’est précisément ce que permet le PIMS.

Le PIMS : passer de l’information à l’organisation

Le nom officiel est Plan individuel de mise en sûreté, abrégé PIMS.

Il repose sur trois étapes :

  1. Je m’informe : connaître les risques présents autour de soi et les comportements adaptés.
  2. Je me prépare : constituer notamment son kit d’urgence et organiser les éléments utiles.
  3. J’agis : savoir reconnaître les vigilances, les alertes et les sources d’information fiables lorsque l’événement survient. 

Cette construction rejoint directement la ligne éditoriale de Cap d’Avance Lucide.

Avant d’agir, il faut comprendre.

Avant d’acheter, il faut savoir pourquoi.

Avant de réunir du matériel, il faut savoir à quoi il doit servir.

Le PIMS apporte donc quelque chose qu’une simple liste d’équipements ne peut pas apporter : 
une méthode de décision.

Pourquoi parler d’un PIMS familial ?

Le document officiel est volontairement synthétique.

Il permet notamment d’inscrire :

  • les risques auxquels on est exposé ;
  • les comportements adaptés ;
  • un lieu de regroupement en cas d’évacuation ;
  • les coordonnées utiles ;
  • l’emplacement du kit d’urgence ;
  • les fréquences de radio utiles. 

Cap d’Avance Lucide propose de prolonger cette logique en posant une question supplémentaire :

Comment traduire ces informations dans l’organisation réelle de notre foyer ?

Un couple n’a pas les mêmes contraintes qu’une famille avec trois enfants.

Une personne vivant seule n’a pas la même organisation qu’un foyer comprenant une personne dépendante.

Un appartement en centre-ville ne présente pas les mêmes contraintes qu’une maison isolée.

Un traitement médical quotidien, un animal, une mobilité réduite ou l’absence de véhicule peuvent complètement modifier la manière de préparer une évacuation ou une mise à l’abri.

Le PIMS familial version Cap d’Avance Lucide ne doit donc pas être présenté comme un nouveau dispositif officiel.

Il s’agit d’un support pédagogique complémentaire, inspiré du PIMS de la Sécurité civile, destiné à faciliter son appropriation concrète par le foyer.

Le PIMS officiel indique quoi préparer. Le PIMS familial aide à déterminer comment le foyer va réellement s’organiser.


Avant la crise : préparer quand tout fonctionne encore

C’est probablement le moment le plus important.

Et pourtant, c’est celui pendant lequel il semble ne rien se passer.

L’électricité fonctionne.

Les routes sont ouvertes.

Les téléphones sont chargés.

La pharmacie est accessible.

Les enfants suivent leur rythme habituel.

Les secours ne sont pas mobilisés.

C’est précisément dans cette période ordinaire que la préparation est la plus facile.

1. Commencer par connaître les risques réellement présents

Il n’est pas nécessaire d’imaginer toutes les catastrophes possibles.

Le premier travail consiste à identifier les risques qui concernent réellement le territoire.

Un foyer peut commencer par trois questions :

Quels sont les principaux risques autour de notre logement ?

Quelles conséquences pourraient réellement perturber notre quotidien ?

Quelles consignes seraient différentes selon le risque ?

Cette dernière question est essentielle.

Une inondation peut conduire à rejoindre un étage.

Un accident industriel peut imposer de rester dans un bâtiment clos.

Un feu de forêt peut conduire à une mise à l’abri ou à une évacuation selon la situation.

Un séisme exige encore d’autres comportements.

La préparation familiale doit donc conserver les consignes propres au risque, même lorsqu’elle construit une organisation commune.

2. Identifier les personnes avant d’identifier le matériel

Un PIMS familial devrait commencer par les occupants.

Pas par le sac.

Pour chaque personne, quelques informations suffisent :

  • prénom ;
  • numéro de téléphone ;
  • traitement important ;
  • difficulté de mobilité ;
  • besoin médical particulier ;
  • lunettes ou appareil auditif ;
  • allergies pertinentes ;
  • personne à prévenir ;
  • besoin particulier en cas d’évacuation.

Il faut également penser :

  • aux enfants ;
  • aux personnes âgées ;
  • aux personnes handicapées ;
  • aux proches temporairement présents ;
  • aux animaux.

Cette simple liste permet de comprendre que l’autonomie d’un foyer ne se calcule pas uniquement en litres d’eau ou en nombre de conserves.

Elle dépend aussi des personnes qui doivent pouvoir continuer à fonctionner.

3. Déterminer qui fait quoi

Le but n’est pas d’établir un règlement militaire dans la maison.

Quelques rôles simples suffisent.

Par exemple :

Une personne suit l’information officielle.

Elle évite que quatre téléphones diffusent simultanément quatre versions différentes de la situation.

Une personne rassemble les éléments médicaux.

Médicaments, ordonnances, lunettes, matériel spécifique.

Une personne prend en charge les enfants ou les animaux.

Une personne vérifie les documents, les clés et les moyens de communication.

Dans un foyer de deux personnes, évidemment, les rôles se cumulent.

Pour une personne vivant seule, le rôle essentiel peut être différent : identifier à l’avance un proche susceptible de vérifier sa situation ou de devenir son point de contact.

L’important n’est pas d’attribuer une mission à chacun.

L’important est d’éviter que tout le monde fasse la même chose pendant que personne ne s’occupe de l’essentiel.

4. Connaître les sources d’information

Le PIMS officiel intègre lui aussi cette dimension : Géorisques, DICRIM, DDRM, vigilances météorologiques, Vigicrues, FR-Alert, sirènes SAIP et médias publics font partie des repères proposés. 

Dans le PIMS familial, quatre lignes peuvent suffire :

Préfecture : ____________________

Mairie : ____________________

Radio locale : ____________________

Service spécifique au principal risque local : ____________________

Le téléphone peut contenir ces informations.

Mais une version papier conserve son intérêt si la batterie, l’électricité ou internet deviennent indisponibles.

5. Définir un lieu de regroupement

Le document officiel prévoit explicitement de renseigner un lieu de regroupement en cas d’évacuation

Cette notion mérite d’être comprise correctement.

Le foyer ne décide pas à l’avance qu’il rejoindra ce lieu quelles que soient les circonstances.

Une autorité peut imposer un autre centre d’accueil ou un itinéraire différent.

Le point familial constitue plutôt une solution lorsque les personnes sont séparées et que les conditions permettent de se retrouver.

Il peut s’agir :

  • d’un proche ;
  • d’un lieu facilement identifiable ;
  • d’un point situé hors de la zone habituelle de danger.

Le foyer doit aussi prévoir une règle simple :

Une consigne officielle d’évacuation ou de regroupement reste toujours prioritaire sur le plan familial.

6. Préparer le kit 72h

Le PIMS et le kit 72h ne sont pas deux démarches séparées.

Le kit constitue l’un des moyens matériels permettant d’exécuter le plan.

La Sécurité civile recommande notamment une radio à piles, des médicaments, une trousse de premiers secours, de l’alimentation ne nécessitant pas de cuisson, des vêtements chauds, un éclairage, un chargeur, de l’eau, de l’argent liquide, des photocopies de documents et des ordonnances. Le kit doit rester accessible et son contenu être vérifié régulièrement. 

Mais le PIMS familial doit ajouter une question essentielle :

Où se trouve le kit et qui le prend ?

Un sac parfaitement équipé, rangé derrière des cartons au fond du garage, n’est pas réellement prêt.

L’emplacement doit être connu des membres du foyer susceptibles de l’utiliser.

7. Ne pas oublier les documents

Les documents sont souvent moins visibles que l’eau ou la lampe.

Pourtant, ils peuvent devenir importants lorsque le retour au domicile n’est pas immédiat.

Le kit officiel prévoit notamment des photocopies de documents essentiels et des ordonnances conservées dans une pochette étanche. 

Une pochette familiale peut réunir :

  • copie des pièces d’identité ;
  • ordonnances ;
  • liste des traitements ;
  • coordonnées médicales utiles ;
  • coordonnées de l’assurance ;
  • numéros de proches ;
  • informations essentielles concernant les enfants ;
  • informations concernant les animaux ;
  • copies de documents réellement nécessaires.

Il n’est pas nécessaire de transporter l’ensemble des archives administratives du foyer.

L’objectif est de conserver ce qui pourrait être difficile à retrouver lorsque l’accès au logement ou à internet devient incertain.


Le PIMS familial Cap d’Avance Lucide

Support pédagogique Cap d’Avance Lucide inspiré du Plan individuel de mise en sûreté
de la Sécurité civile. Il ne remplace ni le document officiel ni les consignes des autorités.


Votre PIMS familial

Préparer les décisions avant d’en avoir besoin.

Le PIMS familial Cap d’Avance Lucide rassemble en trois pages les informations essentielles de votre foyer : risques locaux, personnes à protéger, contacts, sources officielles, point de regroupement, kit 72h et besoins spécifiques ainsi qu’une fiche médicale par personne qui compose le foyer..

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Pendant la crise : le plan doit simplifier, pas compliquer

Une crise n’est pas le moment de relire un dossier de quinze pages.

Le PIMS doit permettre de retrouver rapidement quelques décisions déjà préparées.

1. Commencer par la consigne, pas par le scénario imaginé

Lorsque l’alerte arrive, la première question est :

Que demandent les autorités maintenant ?

Pas :

« Que pensions-nous faire si cela arrivait ? »

Le PIMS officiel rappelle que pendant la crise il faut suivre l’évolution de la situation, reconnaître les vecteurs d’alerte et respecter les consignes diffusées par les autorités. Il rappelle également qu’une évacuation du domicile doit être réalisée sur ordre lorsqu’une mise à l’abri reste la consigne applicable. 

Le plan familial doit donc être souple.

Il permet d’appliquer rapidement une décision.

Il ne décide pas à la place de l’autorité compétente.

2. Une personne centralise l’information

Pendant une situation incertaine, trop d’information peut devenir presque aussi difficile à gérer que son absence.

Une personne lit :

  • FR-Alert ;
  • les messages de la mairie ;
  • les points de situation de la préfecture ;
  • les éventuelles informations radio.

Elle note si nécessaire :

  • l’heure ;
  • la consigne ;
  • le secteur concerné ;
  • la prochaine mise à jour attendue.

3. Les autres membres exécutent les tâches préparées

Pendant que l’information est suivie :

  • les médicaments sont regroupés ;
  • les enfants sont préparés ;
  • les animaux sont sécurisés ;
  • le kit est placé à proximité ;
  • les téléphones sont chargés ;
  • les documents sont pris ;
  • les accès peuvent être vérifiés lorsque cela est pertinent et sans exposition au danger.

La préparation transforme alors plusieurs actions improvisées en gestes presque ordinaires.

4. Mise à l’abri ou évacuation : ne pas confondre

C’est l’une des raisons pour lesquelles une préparation multirisque ne doit jamais supprimer les fiches spécifiques.

Selon l’événement, la meilleure protection peut être exactement opposée.

Lors de certains accidents industriels, la Sécurité civile recommande de s’abriter dans un bâtiment clos, de fermer les ouvertures et d’arrêter la ventilation. Lors d’autres événements, une évacuation ou un déplacement vers un point haut peut être nécessaire. 

Le PIMS familial doit donc contenir cette règle en évidence :

Je ne pars pas uniquement parce que je suis inquiet. Je ne reste pas uniquement parce que j’ai préparé mon domicile. J’applique la consigne correspondant à la situation.

5. En cas d’évacuation

Une évacuation réussie ne signifie pas emporter tout ce qui possède de la valeur.

Elle signifie pouvoir partir avec ce qui est réellement nécessaire.

Le foyer doit prioriser :

  • les personnes ;
  • les traitements ;
  • les équipements médicaux indispensables ;
  • les documents essentiels ;
  • les moyens de communication ;
  • le kit préparé ;
  • les besoins des enfants ;
  • les animaux lorsque les conditions le permettent.

Il faut aussi intégrer une réalité déjà observée dans de nombreuses crises :

Le retour au domicile peut être plus tardif que prévu.

Cette hypothèse justifie notamment de conserver médicaments et ordonnances ensemble.

6. En cas de mise à l’abri

La logique change.

Le foyer doit pouvoir :

  • rester dans le lieu indiqué ;
  • conserver une information officielle ;
  • gérer les besoins essentiels ;
  • économiser les batteries lorsque cela devient nécessaire ;
  • maintenir les médicaments accessibles ;
  • occuper et rassurer les enfants ;
  • attendre une nouvelle consigne.

Les trois jours du kit d’urgence constituent une première capacité d’autonomie, notamment lorsque les autorités recommandent de rester chez soi ou lorsqu’un départ précipité survient. 

Les 72 heures sont donc une marge, pas une promesse sur la durée réelle de l’événement.


Et si les membres du foyer sont séparés ?

Une crise ne commence pas forcément à 2 heures du matin lorsque tout le monde dort à la maison.

Elle peut survenir :

  • pendant le travail ;
  • pendant l’école ;
  • lors d’un déplacement ;
  • lorsque l’un des parents fait des courses ;
  • pendant qu’un adolescent pratique une activité sportive ;
  • lorsqu’un enfant est chez un proche.

Le PIMS familial doit donc éviter de reposer sur l’hypothèse que tout le monde sera réuni.

Trois règles simples peuvent être définies à l’avance.

Une personne extérieure comme contact

Un proche situé hors du secteur peut devenir le point de contact familial.

Chaque membre sait qui prévenir lorsqu’il est possible de communiquer.

Un lieu de regroupement connu

Lorsque la situation et les autorités le permettent, chacun sait quel lieu a été identifié.

Ne pas improviser une réunion au milieu du danger

Le plan familial ne doit jamais conduire un parent à traverser une zone interdite pour rejoindre quelqu’un déjà pris en charge dans un lieu sûr.

L’objectif est de réduire l’incertitude.

Pas de provoquer un déplacement supplémentaire.


Pendant la crise, il faut aussi accepter de changer le plan

Un bon plan n’est pas celui qui prévoit exactement ce qui arrivera.

C’est celui qui peut être modifié.

La route prévue est fermée.

Le centre d’accueil change.

Un proche ne répond plus.

Une personne tombe malade.

La panne dure davantage.

L’électricité revient mais le réseau mobile reste perturbé.

Le comportement pertinent est alors de reprendre trois questions :

Quelle est la situation maintenant ?

Quelle est la consigne maintenant ?

Quels besoins du foyer deviennent prioritaires maintenant ?

Le PIMS sert de structure.

Il ne doit jamais devenir une règle rigide empêchant l’adaptation.


Après la crise : le moment oublié de la préparation

Dans de nombreux documents de préparation, l’attention se concentre naturellement sur l’avant et le pendant.

Pourtant, l’après mérite une vraie place dans l’organisation familiale.

La crise ne se termine pas toujours lorsque l’alerte disparaît.

1. Attendre la confirmation de fin de danger

Le calme apparent n’est pas une consigne officielle.

Le document PIMS rappelle de rester en lieu sûr jusqu’à ce que les autorités déclarent la fin de l’alerte. 

Cela concerne notamment :

  • le retour après évacuation ;
  • la sortie d’un confinement ;
  • la réouverture d’un axe ;
  • la possibilité de rejoindre un quartier.

Le foyer ne doit pas déduire seul que la situation est terminée.

2. Vérifier les personnes avant les biens

Le premier bilan familial doit rester humain.

  • Tout le monde est-il présent ?
  • Quelqu’un a-t-il besoin de soins ?
  • Un traitement a-t-il été interrompu ?
  • Une personne fragile a-t-elle besoin de repos ou d’un suivi particulier ?
  • Les proches ont-ils été informés ?

La remise en ordre du logement peut attendre quelques minutes.

3. Ne pas confondre retour et retour à la normale

Une famille peut rentrer chez elle alors que :

  • l’électricité reste coupée ;
  • l’eau est indisponible ;
  • une route fonctionne sous restriction ;
  • un commerce est fermé ;
  • les télécommunications restent perturbées ;
  • une partie du quartier demeure interdite.

Le retour physique au domicile ne signifie donc pas nécessairement la fin de la rupture temporaire de normalité.

La préparation 72h peut continuer à être utile pendant cette phase intermédiaire.

4. Reconstituer ce qui a été utilisé

Après utilisation du kit :

  • remplacer les piles ;
  • renouveler l’eau ;
  • remplacer les denrées consommées ;
  • compléter les médicaments lorsque cela est possible ;
  • remettre les documents à leur place ;
  • recharger les batteries.

La Sécurité civile recommande d’ailleurs de réapprovisionner le kit après son utilisation et d’en vérifier régulièrement le contenu. 

5. Faire un retour d’expérience familial

Il n’est pas nécessaire d’organiser une réunion officielle.

Dix minutes peuvent suffire.

Posez trois questions :

Qu’est-ce qui a fonctionné ?

La radio était accessible.

Les ordonnances étaient regroupées.

Les enfants savaient quoi faire.

Qu’est-ce qui nous a fait perdre du temps ?

Une clé introuvable.

Une batterie vide.

Un médicament dispersé dans plusieurs pièces.

Une mauvaise fréquence radio.

Qu’est-ce que nous allons modifier ?

Déplacer le kit.

Imprimer une ordonnance.

Ajouter un contact.

Changer le point de regroupement.

Acheter uniquement l’élément réellement manquant.

C’est cette dernière étape qui transforme l’expérience en préparation future.


Le PIMS ne doit pas devenir un document que l’on range et que l’on oublie

Le principal risque d’un plan familial est paradoxal.

Le compléter.

Le ranger.

Puis ne plus jamais le regarder.

Un foyer évolue.

Un enfant grandit.

Un traitement apparaît.

Une voiture est remplacée.

Un proche déménage.

Une personne âgée devient moins autonome.

La fréquence radio change.

Un nouveau risque est identifié dans le DICRIM.

Le PIMS doit donc rester un document vivant.

Une vérification annuelle constitue un rythme simple.

Elle peut être associée à celle du kit 72h, que la Sécurité civile recommande également de contrôler régulièrement, notamment pour les piles, les médicaments et les denrées. 


Un PIMS sur papier, même à l’époque du smartphone

Le téléphone reste un outil central.

Mais il ne devrait pas être le seul endroit où se trouvent :

  • les numéros utiles ;
  • les traitements ;
  • le point de regroupement ;
  • la fréquence radio ;
  • l’adresse d’un proche ;
  • les consignes familiales.

Le PIMS officiel a d’ailleurs été conçu pour être téléchargé, imprimé et rempli. 

Une version papier présente plusieurs avantages :

  • elle ne dépend pas de la batterie ;
  • plusieurs personnes peuvent la consulter ;
  • elle reste accessible même si le propriétaire du téléphone n’est pas présent ;
  • elle peut rester à proximité du kit 72h.

Le numérique peut compléter le papier.

Il ne doit pas nécessairement le remplacer.


Ce que le PIMS change réellement

Le PIMS n’empêche pas :

  • l’inondation ;
  • le feu de forêt ;
  • la tempête ;
  • l’accident industriel ;
  • la panne électrique ;
  • l’évacuation.

Il ne garantit pas non plus que tous les membres du foyer resteront calmes.

Sa fonction est plus modeste et plus réaliste.

Il permet de réduire le nombre de décisions élémentaires à prendre lorsque l’attention est déjà mobilisée par l’événement.

Avant :

Nous avons réfléchi.

Pendant :

Nous savons où chercher et qui fait quoi.

Après :

Nous savons ce qui doit être remis en état et amélioré.

C’est cette continuité qui fait du PIMS une ressource particulièrement intéressante pour un foyer.


Le lien entre PIMS, STRAP et préparation 72h

Ces trois notions ne doivent pas entrer en concurrence.

Elles répondent à trois questions différentes.

Comment réfléchir à notre situation et transformer l’information en décisions ?

PIMS

Comment formaliser notre organisation familiale et nos repères ?

Quels moyens matériels nous permettent de tenir temporairement ou de partir avec l’essentiel ?

La méthode donne du sens au plan.

Le plan donne du sens au matériel.

Et le matériel permet d’appliquer une partie du plan.

C’est exactement l’inverse d’une préparation commençant par l’achat d’objets.


À retenir

  • Le PIMS est un outil officiel de la Sécurité civile, accessible à tous et destiné à préparer les comportements face aux risques majeurs. 
  • Il repose sur trois étapes : s’informer, se préparer et agir.
  • Le PIMS familial Cap d’Avance Lucide constitue un support complémentaire permettant de traduire cette logique à l’échelle réelle du foyer.
  • Avant une crise, l’essentiel est d’identifier les risques, les personnes, les besoins, les sources d’information et les rôles.
  • Pendant la crise, la consigne officielle reste prioritaire sur le plan familial.
  • Le foyer doit pouvoir distinguer une mise à l’abri d’une évacuation.
  • Le kit 72h est un outil du plan, pas le plan lui-même.
  • Après l’événement, le retour au domicile ne signifie pas toujours un retour immédiat à la normale.
  • Le retour d’expérience familial permet d’améliorer progressivement l’organisation.
  • Un plan simple, connu et accessible est plus utile qu’un document très complet jamais consulté.

Cinq questions à poser à son foyer

  1. Quels sont les trois risques principaux autour de notre logement ?
  2. Qui dans notre foyer aurait besoin d’aide en priorité ?
  3. Qui suit l’information et qui rassemble l’essentiel ?
  4. Où se trouvent notre kit, nos médicaments et nos documents ?
  5. Que ferions-nous si nous ne pouvions pas rentrer chez nous pendant plusieurs jours ?

Action simple de la semaine

Ne commencez pas par acheter du matériel.

Complétez uniquement :

  • les principaux risques ;
  • les numéros utiles ;
  • le lieu de regroupement ;
  • l’emplacement du kit ;
  • les fréquences ou sources d’information.

Ajoutez ensuite une seule information familiale :

Qui aurait besoin d’aide en premier dans notre foyer ?

Vous aurez déjà commencé à transformer une recommandation générale en organisation concrète. Vous compléterez l’ensemble à l’issue pour terminer votre préparation.

Conclusion

Une crise impose parfois des décisions rapides.

Mais toutes ces décisions n’ont pas besoin d’être découvertes au moment où la situation se dégrade.

Connaître ses risques, identifier ses besoins, savoir où sont les documents, avoir regroupé les traitements, connaître ses sources d’information et avoir parlé quelques minutes de l’organisation familiale représentent déjà une forme de préparation.

Le PIMS ne transforme pas un foyer en équipe de secours.

Ce n’est pas son rôle.

Il permet simplement à chacun de disposer de quelques repères lorsque les conditions ordinaires cessent temporairement de fonctionner.

La préparation 72h prend alors un autre sens.

Elle ne se résume plus à un sac.

Elle devient une organisation réunissant des personnes, des décisions, des informations et des moyens matériels.

« L’accès au savoir ne fait pas l’usage ».

Un PIMS téléchargé mais jamais rempli reste une information.

Un PIMS complété, partagé avec le foyer, placé au bon endroit et vérifié régulièrement devient une capacité d’action qui prendra tout son sens le moment venu. 

Sources et ressources officielles

Cet article s’appuie notamment sur les recommandations et ressources publiées par la Sécurité civile et Géorisques. Le PIMS familial Cap d’Avance Lucide constitue un support pédagogique complémentaire.

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