La préparation 72h repose sur un principe national : chaque foyer doit pouvoir faire face plus sereinement aux premières conséquences d’une crise, qu’il s’agisse de rester temporairement à domicile ou de devoir partir rapidement.
Mais aucun foyer ne vit dans une France abstraite.
Il réside dans une commune, un département, une région, un environnement précis et un logement particulier. Feu de forêt, inondation, submersion marine, neige, accident industriel, séisme ou cyclone : l’exposition n’est pas la même partout.
Le kit 72h fournit donc un socle commun. La préparation réellement utile commence ensuite par une question plus locale :
À quels risques locaux notre foyer est-il réellement exposé, et qu’est-ce que cela doit changer dans notre organisation ?
C’est également la première logique du PIMS : s’informer avant de se préparer.
Une radio.
Une lampe.
De l’eau.
Des médicaments.
Quelques repas.
Des documents.
Une batterie externe.
La liste de base d’un kit 72h possède une qualité essentielle : elle fonctionne dans de nombreuses situations.
Une coupure électrique peut survenir presque partout.
Un téléphone peut avoir besoin d’être rechargé dans n’importe quelle commune.
Les médicaments restent importants quelle que soit la crise.
L’eau et l’alimentation répondent à des besoins universels.
Mais cette universalité possède une limite.
Un foyer installé en bordure d’un massif forestier méditerranéen n’a pas exactement les mêmes contraintes qu’un appartement situé près d’un cours d’eau.
Une famille vivant en montagne ne prépare pas l’hiver comme un foyer installé sur le littoral atlantique.
Un habitant situé à proximité d’un site industriel doit connaître des comportements qui ne concernent pas nécessairement une commune rurale éloignée.
Et les territoires ultramarins peuvent être confrontés à des combinaisons de risques encore différentes.
La préparation nationale apporte donc une base.
Le territoire lui donne sa forme concrète.
La préparation est nationale, mais elle commence à une adresse
En matière de sécurité civile, plusieurs échelles se complètent.
À l’échelle nationale
L’État définit des dispositifs communs :
- FR-Alert ;
- le signal national d’alerte ;
- le PIMS ;
- le kit d’urgence 72h ;
- les consignes générales face aux principaux risques ;
- l’organisation ORSEC.
Ces outils créent un langage et des repères communs.
La Sécurité civile rappelle d’ailleurs que la préparation aux crises repose sur une responsabilité partagée entre les pouvoirs publics et les citoyens. Elle recommande notamment l’élaboration d’un PIMS et la constitution d’un kit d’urgence.
À l’échelle départementale
Le Dossier départemental sur les risques majeurs — DDRM rassemble les informations relatives aux risques majeurs identifiés dans le département.
Il constitue une base de connaissance territoriale transmise notamment aux communes.
À l’échelle communale
Le maire décline cette information dans le Document d’information communal sur les risques majeurs — DICRIM.
Le DICRIM doit notamment présenter :
- les risques majeurs auxquels la commune est exposée ;
- leurs conséquences prévisibles ;
- les mesures de prévention et de sauvegarde ;
- les consignes individuelles à appliquer.
La commune constitue également le premier niveau de réponse collective à de nombreuses situations de crise, notamment à travers son Plan communal de sauvegarde lorsqu’elle en dispose.
À l’échelle du foyer
Il reste une dernière étape.
Celle qu’aucun document national ou communal ne peut réaliser entièrement à la place des habitants :
traduire les caractéristiques du territoire dans l’organisation concrète du logement et de ses occupants.
C’est ici que commence véritablement la préparation familiale.
Nous ne sommes pas seulement exposés au risque de notre département
Dire :
« J’habite dans le Var »
ou :
« J’habite en Gironde »
ne suffit pas.
À l’intérieur d’un même département, deux foyers peuvent présenter des expositions très différentes.
L’un est situé :
- en centre-ville ;
- à plusieurs kilomètres d’un massif ;
- au quatrième étage ;
- à proximité de plusieurs axes routiers.
L’autre :
- en lisière forestière ;
- au bout d’une route unique ;
- dans une maison isolée ;
- entourée de végétation.
Ils vivent pourtant dans le même département.
La même logique vaut pour l’inondation.
Un habitant situé sur un point haut n’a pas la même vulnérabilité qu’un logement installé en rez-de-chaussée dans une zone historiquement inondable.
Le risque local doit donc être observé à plusieurs niveaux :
Région → département → commune → quartier → logement → occupants.
Plus on se rapproche du foyer, plus la préparation devient concrète.
Le PIMS commence précisément par cette question
Le Plan individuel de mise en sûreté ne commence pas par une liste d’achats.
Sa première étape est :
Je m’informe.
L’objectif indiqué par la Sécurité civile est d’identifier les risques présents dans son environnement et de leur associer les comportements de sauvegarde appropriés.
Cette construction est importante.
Elle implique que l’ordre logique n’est pas :
acheter → stocker → espérer avoir prévu le bon matériel.
Mais plutôt :
identifier → comprendre → organiser → compléter.
C’est également la logique retenue dans le PIMS familial Cap d’Avance Lucide.
Le document permet notamment au foyer de noter ses risques, ses sources d’information, ses besoins particuliers et les éléments importants de son organisation.
Le PIMS devient alors le point de rencontre entre une information territoriale et une préparation familiale.
Première étape : découvrir les risques de sa commune
Il n’est pas nécessaire de devenir spécialiste des risques majeurs.
Quelques sources suffisent pour commencer.
Géorisques
Géorisques permet de rechercher les risques présents autour d’un territoire et de mieux comprendre différents phénomènes naturels et technologiques.
C’est un excellent point de départ pour répondre à la question :
Quels risques sont identifiés autour de chez moi ?
Le DICRIM
Si la commune possède un DICRIM, il doit devenir une référence du foyer.
Son intérêt est précisément d’être local.
Il ne parle pas simplement de l’inondation en France.
Il peut préciser quels cours d’eau concernent la commune, quels secteurs sont exposés et quelles mesures locales existent. Géorisques recommande d’ailleurs que les risques présentés dans un DICRIM soient localisés de manière concrète.
Le DDRM
Le DDRM apporte une vision plus large à l’échelle départementale.
Il permet notamment de replacer la commune dans son environnement et d’identifier les risques majeurs présents sur le territoire.
La mairie
Le site internet de la commune peut compléter ces documents avec :
- le DICRIM ;
- des informations sur le PCS ;
- les moyens locaux d’alerte ;
- les lieux d’accueil éventuels ;
- des informations liées à certains risques saisonniers.
Ces éléments doivent idéalement être identifiés avant l’événement.
Le climat fait également partie de la préparation locale
Les risques d’un territoire ne sont pas figés.
Le climat évolue et modifie progressivement certaines expositions.
Météo-France indique notamment que les vagues de chaleur devraient devenir plus fréquentes, plus longues et plus intenses, tandis que le risque de feu de forêt s’étend progressivement vers des territoires historiquement moins concernés.
L’outil Climadiag Commune permet d’obtenir des indicateurs climatiques adaptés à une commune ou une intercommunalité et d’examiner l’évolution possible de plusieurs phénomènes.
Cela ne signifie pas qu’il faut préparer son foyer sur la base d’une catastrophe future hypothétique.
Cela signifie qu’une préparation locale doit pouvoir évoluer avec son territoire.
Un risque autrefois secondaire peut devenir plus fréquent.
Une période de chaleur peut durer davantage.
Une saison de feu peut s’allonger.
La préparation doit donc être revue périodiquement.
Risque, exposition et vulnérabilité : trois questions différentes
Pour un foyer, connaître le nom d’un risque ne suffit pas.
Il faut aller un peu plus loin.
Prenons une inondation.
Le risque existe-t-il ?
Un cours d’eau, un ruissellement ou une submersion peut affecter le territoire.
Sommes-nous exposés ?
Notre rue, notre immeuble ou notre logement se trouve-t-il dans un secteur susceptible d’être touché ?
Sommes-nous particulièrement vulnérables ?
Le logement est-il en rez-de-chaussée ?
Avons-nous une cave ?
Les équipements électriques importants sont-ils placés bas ?
Une personne à mobilité réduite vit-elle ici ?
Le véhicule est-il stationné dans un parking souterrain ?
C’est la combinaison de ces questions qui commence à donner du sens à la préparation.
Deux foyers exposés au même phénomène peuvent avoir des besoins très différents.
Construire le profil de risque de son foyer
Une feuille suffit.
Commencez avec trois risques maximum.
Pas dix.
Le but est de faire apparaître les priorités.
Par exemple :
| Risque local | Conséquence possible pour notre foyer | Ce que nous devons préparer |
|---|---|---|
| Inondation | Rez-de-chaussée inaccessible | Point haut, documents protégés, équipements à surélever |
| Feu de forêt | Confinement ou départ rapide | Information locale, accès dégagé, sac disponible |
| Tempête | Coupure électrique prolongée | Éclairage, radio, batteries, moyens de recharge |
Ce tableau n’est pas un document officiel.
C’est un outil de réflexion.
Il permet simplement de passer de :
« Nous sommes exposés à une inondation »
à :
« Si l’inondation arrive ici, qu’est-ce qui change pour notre foyer ? »
Le kit 72h constitue le socle commun
La Sécurité civile recommande un kit comprenant notamment :
- eau potable ;
- alimentation ne nécessitant pas de cuisson ;
- radio à piles ;
- éclairage ;
- médicaments et traitements ;
- trousse de premiers secours ;
- chargeur ;
- argent liquide ;
- copies des documents essentiels ;
- vêtements chauds ;
- clés ;
- quelques outils de base.
Cette liste répond à des fonctions que l’on retrouve dans de nombreuses crises :
boire · manger · s’éclairer · s’informer · communiquer · se soigner · s’identifier · se protéger.
C’est pourquoi elle constitue un excellent socle national.
Mais un socle n’est pas nécessairement une préparation terminée.
La différence entre la liste classique et les modules spécifiques
C’est ici que la connaissance du territoire devient réellement utile.
Le principe peut être représenté simplement :
SOCLE COMMUN 72H
+
BESOINS DU FOYER
+
MODULES LIÉS AUX RISQUES LOCAUX
Le module spécifique n’est pas obligatoirement un sac supplémentaire.
Il peut s’agir :
- de quelques équipements ;
- d’une protection du logement ;
- d’une procédure particulière ;
- d’un document ;
- d’un moyen de transport ;
- d’une organisation saisonnière.
Et surtout :
un module spécifique ne remplace jamais les consignes propres au risque.
Voici quelques exemples.
Exemple 1 — Zone inondable : le matériel doit aussi protéger le logement
Dans une zone exposée à l’inondation, ajouter trois lampes supplémentaires au kit ne répond pas nécessairement au principal problème.
La préparation locale peut conduire à prévoir :
- une protection étanche renforcée pour les documents ;
- un emplacement en hauteur pour certaines ressources ;
- des dispositifs de protection des ouvertures lorsque le logement s’y prête ;
- un moyen de surélever certains biens ;
- une zone refuge adaptée.
Géorisques recommande notamment, selon la situation du logement, d’envisager des barrières amovibles ou batardeaux, la surélévation de certains biens et l’identification d’une zone refuge à l’étage.
Ici, le module inondation ne signifie donc pas simplement ajouter du matériel au sac.
Il implique aussi d’adapter le logement.
Et certaines ressources du kit devront être accessibles en hauteur, pas dans une cave susceptible d’être inondée.
Exemple 2 — Région méditerranéenne : chaleur et feu de forêt modifient les priorités
Dans les territoires régulièrement exposés à de fortes chaleurs ou aux feux de végétation, le socle reste le même.
Mais l’environnement invite à renforcer certaines dimensions :
- gestion et rotation de la réserve d’eau ;
- protection contre la chaleur ;
- vêtements adaptés à la saison ;
- connaissance des accès au logement ;
- maintien des abords selon les obligations et recommandations locales ;
- capacité à regrouper rapidement médicaments, documents et ressources essentielles ;
- connaissance des consignes de confinement ou d’évacuation.
Météo-France souligne que les conditions favorables aux incendies sont notamment liées aux températures élevées, au manque de pluie, à l’humidité de l’air, au vent et à la sécheresse de la végétation. Le risque tend en outre à s’étendre géographiquement.
Les RETEC précédents l’ont montré : face à un feu de forêt, le foyer peut aussi bien devoir partir que rester temporairement confiné.
Le module spécifique doit donc soutenir les deux possibilités.
Exemple 3 — Montagne et secteurs froids : le facteur thermique devient déterminant
Une panne électrique de six heures n’a pas les mêmes conséquences :
- en été dans une région tempérée ;
- en plein hiver dans une zone de montagne.
Dans un territoire où le froid, la neige ou l’isolement routier peuvent modifier rapidement les conditions de vie, la préparation peut donner davantage de poids à :
- vêtements isolants ;
- gants et bonnets ;
- couvertures supplémentaires ;
- éclairage autonome ;
- autonomie électrique ;
- organisation du chauffage lorsqu’un système alternatif sûr existe ;
- équipements adaptés au véhicule lorsque les déplacements hivernaux l’exigent.
Le module local ne vient pas remplacer la radio, l’eau ou les médicaments.
Il renforce la fonction qui devient prioritaire dans cet environnement : conserver une protection thermique suffisante.
Exemple 4 — Littoral : penser aussi submersion, vent et évacuation
Habiter près de la mer ne signifie pas automatiquement être exposé à une submersion marine.
Mais lorsque ce risque est identifié localement, la préparation doit intégrer la géographie.
Il devient important de connaître :
- les secteurs bas ;
- les itinéraires permettant de gagner une zone moins exposée ;
- les informations diffusées par la commune ;
- les possibilités de mise à l’abri ;
- l’exposition du logement aux vents violents ;
- les ressources qu’il faut protéger de l’eau.
Un module littoral peut alors davantage insister sur :
- la protection étanche des documents et équipements sensibles ;
- les vêtements protégeant du vent et des intempéries ;
- la connaissance des itinéraires ;
- la capacité à suivre l’information même pendant une coupure électrique.
La carte du territoire devient presque aussi importante que le contenu du sac.
Exemple 5 — Proximité industrielle : le module peut être surtout organisationnel
Certains risques demandent moins de matériel supplémentaire qu’une connaissance précise des comportements de sauvegarde.
À proximité d’un site industriel ou d’une infrastructure transportant des matières dangereuses, les habitants doivent notamment savoir :
- reconnaître les moyens d’alerte ;
- identifier les sources officielles ;
- connaître les consignes de mise à l’abri ;
- savoir arrêter ventilation ou aérations lorsqu’une consigne de confinement le demande ;
- ne pas improviser une évacuation sans instruction.
Le PIMS officiel rappelle par exemple qu’un accident industriel peut nécessiter de s’abriter immédiatement dans un bâtiment clos et de fermer portes, fenêtres et aérations.
Ici, le module spécifique peut tenir en quelques lignes dans le PIMS.
C’est une démonstration importante :
la préparation locale n’est pas une course au matériel.
Parfois, ce qui manque n’est pas un objet.
C’est une consigne connue à l’avance.
Exemple 6 — Outre-mer : une même démarche nationale, des réalités locales différentes
La Sécurité civile décline progressivement le PIMS pour différents territoires ultramarins, notamment la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion, Mayotte, la Polynésie française ou Saint-Pierre-et-Miquelon.
Ce choix illustre parfaitement le principe.
La préparation repose sur une logique nationale :
s’informer → se préparer → agir.
Mais son application doit tenir compte :
- du climat ;
- de l’insularité ;
- de la géographie ;
- des risques sismiques ou volcaniques ;
- des cyclones selon les territoires ;
- des contraintes d’approvisionnement ;
- des caractéristiques locales de l’habitat.
Même méthode.
Pas nécessairement les mêmes modules.
Un module n’est pas un deuxième sac
La logique modulaire doit rester simple.
Imaginons un foyer dont le kit commun contient déjà :
- radio ;
- lampe ;
- batteries ;
- documents ;
- médicaments ;
- eau ;
- alimentation ;
- premiers secours.
Il n’a pas besoin de recréer un deuxième kit complet pour l’inondation.
Il peut simplement identifier un petit module complémentaire, par exemple :
Module inondation
Protection étanche renforcée + moyens de protection du logement adaptés.
Module hiver
Protection thermique supplémentaire + éléments spécifiques au déplacement hivernal.
Module chaleur
Organisation de l’eau + protection thermique estivale + besoins des personnes vulnérables.
Module évacuation
Documents, traitements et éléments qui doivent être ajoutés rapidement au sac.
La modularité évite deux erreurs :
tout acheter en double
et
penser qu’une liste nationale répond exactement à tous les territoires.
Les besoins du foyer comptent autant que le territoire
Deux voisins peuvent avoir exactement les mêmes risques locaux mais ne pas avoir la même préparation.
Pourquoi ?
Parce que l’un vit seul et l’autre avec trois enfants.
Parce que l’un possède une voiture et l’autre non.
Parce qu’une personne suit un traitement quotidien.
Parce qu’un animal doit pouvoir être transporté.
Parce qu’une personne dépend d’un appareil alimenté électriquement.
Parce qu’un membre du foyer se déplace difficilement.
La préparation locale repose donc sur deux cartes superposées :
La carte des risques du territoire
et
la carte des vulnérabilités du foyer.
Le PIMS familial sert précisément à faire se rencontrer ces deux dimensions.
Un risque local peut aussi devenir un risque logistique
L’article consacré à la chaîne d’effets et les RETEC du Planay, de Pralognan-la-Vanoise ou de Correns montrent un phénomène récurrent.
Le danger initial n’est pas toujours ce qui affecte le plus longtemps le quotidien du foyer.
Un feu peut fermer une route.
Une route fermée peut empêcher un ravitaillement.
Une panne électrique peut perturber une installation d’eau.
Une tempête peut couper simultanément électricité et télécommunications.
Une inondation peut rendre un quartier inaccessible après la décrue.
C’est pourquoi l’analyse locale ne doit pas uniquement demander :
Quel risque peut nous atteindre ?
Elle doit également demander :
De quoi notre foyer dépend-il si ce risque perturbe le territoire ?
Routes.
Électricité.
Eau.
Télécommunications.
Commerces.
Pharmacie.
Carburant.
Cette deuxième question rapproche immédiatement la connaissance du risque de la préparation 72h.
Une commune peut aussi changer temporairement de profil
Le risque local n’est pas identique toute l’année.
Un territoire touristique peut voir sa population augmenter fortement en été.
Une commune forestière peut devenir beaucoup plus exposée pendant une période chaude, sèche et venteuse.
Une station de montagne connaît des contraintes très différentes en janvier et en juillet.
Un littoral peut être particulièrement surveillé lors d’une tempête ou d’une forte marée.
Le PIMS et les modules du foyer peuvent donc évoluer selon la saison.
Cela peut être aussi simple que :
Printemps : contrôle général
Été : module chaleur / feu
Automne : risque pluie / inondation
Hiver : module froid / neige
Ce calendrier doit évidemment être adapté au territoire réel.
Il ne s’agit pas d’une règle nationale.
Et lorsque l’on part en vacances ?
Nous changeons temporairement de territoire.
Et donc potentiellement de risques.
Un foyer vivant toute l’année en région parisienne peut passer deux semaines :
- dans un camping situé dans une zone forestière du Var ;
- au bord d’un torrent de montagne ;
- sur le littoral ;
- dans un territoire ultramarin.
La préparation ne doit pas devenir compliquée.
Avant un séjour, trois questions suffisent :
- Quels sont les principaux risques de la commune où nous allons ?
- Comment y sommes-nous alertés ?
- Quels éléments de notre préparation habituelle devons-nous emporter ou adapter ?
Le sac 72h polyvalent prend ici tout son sens.
Une partie du socle peut voyager avec le foyer.
Le module change avec la destination.
Le piège de la liste trouvée sur internet
Les listes ont une utilité.
Elles permettent de commencer.
Le problème apparaît lorsqu’une liste devient une réponse définitive.
Deux personnes peuvent commander exactement les mêmes quinze objets et obtenir deux niveaux de préparation totalement différents.
L’une connaît :
- ses risques ;
- ses consignes ;
- l’emplacement de ses ressources ;
- ses limites ;
- les besoins de sa famille.
L’autre possède simplement quinze objets.
C’est toute la différence entre :
avoir du matériel
et
avoir une organisation.
Le PIMS, le kit 72h et les modules locaux doivent fonctionner ensemble.
Comment utiliser le PIMS familial Cap d’Avance Lucide avec cet article
Prenez votre PIMS familial.
Dans la partie consacrée aux risques, ne cherchez pas à tout inscrire.
Commencez par trois priorités.
Pour chacune :
1. Nommer le risque
Inondation, feu de forêt, tempête, accident industriel…
2. Identifier la source locale
DICRIM, Géorisques, mairie, préfecture.
3. Noter la principale conséquence pour votre foyer
Évacuation ?
Confinement ?
Coupure ?
Route inaccessible ?
4. Vérifier le socle 72h
Avons-nous déjà les ressources nécessaires ?
5. Identifier le module spécifique éventuel
Que devons-nous adapter uniquement parce que nous vivons ici ?
Cette dernière question est fondamentale.
Si cet équipement ou cette organisation n’a de sens qu’en raison de notre territoire ou de notre logement, il appartient probablement à notre module spécifique.
Une préparation locale ne doit jamais remplacer la consigne officielle
Connaître son territoire apporte une longueur d’avance.
Mais cette connaissance possède une limite.
Elle ne permet pas de prévoir précisément :
- la hauteur d’une crue ;
- la trajectoire d’un feu ;
- la rupture d’un réseau ;
- l’évolution d’un nuage toxique ;
- la fermeture d’une route.
Le foyer prépare ses ressources et son organisation.
Les autorités déterminent les mesures de protection adaptées à la situation réelle.
Une famille située en zone inondable ne doit pas évacuer automatiquement dès qu’il pleut.
Un habitant d’une zone forestière ne doit pas quitter systématiquement son domicile lorsqu’un feu se déclare dans le département.
Un foyer situé près d’un site industriel ne doit pas décider seul de partir lorsque la consigne est de se confiner.
La préparation apporte de la capacité.
Elle ne remplace jamais la décision opérationnelle.
Une méthode simple en trente minutes
Vous pouvez commencer aujourd’hui.
10 minutes — Le territoire
Recherchez :
- votre commune sur Géorisques ;
- votre DICRIM ;
- les principaux risques indiqués.
Choisissez-en trois maximum.
10 minutes — Le foyer
Pour chaque risque, demandez :
- devons-nous plutôt pouvoir rester, partir ou les deux ?
- quelle personne serait la plus vulnérable ?
- quelle fonction quotidienne pourrait disparaître en premier ?
10 minutes — Les ressources
Regardez votre kit 72h et votre PIMS.
Classez chaque besoin dans deux catégories :
Socle commun
Ce qui est utile dans presque toutes les crises.
Module local
Ce qui répond particulièrement à votre territoire, votre climat ou votre logement.
En trente minutes, votre préparation devient déjà beaucoup plus personnelle.
À retenir
- La préparation 72h repose sur un socle national, mais son application commence à l’échelle du territoire et du foyer.
- Les risques doivent être observés de la région jusqu’au logement : région → département → commune → quartier → adresse → occupants.
- Le DDRM apporte une connaissance départementale et le DICRIM décline les risques à l’échelle communale.
- Le PIMS commence par l’identification des risques présents dans l’environnement du citoyen.
- Le kit 72h constitue un socle commun, pas nécessairement une préparation terminée.
- Les risques locaux peuvent justifier des modules spécifiques.
- Un module n’est pas forcément du matériel supplémentaire : il peut s’agir d’une protection du logement, d’un document ou d’une organisation particulière.
- Une zone inondable, une région chaude et forestière, un territoire de montagne ou un environnement industriel ne conduisent pas exactement aux mêmes adaptations.
- Les besoins personnels du foyer doivent être superposés aux risques du territoire.
- Le climat et les saisons peuvent faire évoluer certaines priorités.
- Connaître le risque local permet de mieux se préparer, mais ne permet jamais de remplacer les consignes des autorités.
Action simple de la semaine
Ouvrez Géorisques et recherchez votre commune.
Puis trouvez son DICRIM lorsqu’il est disponible.
Sur votre PIMS familial Cap d’Avance Lucide, inscrivez seulement :
Nos trois risques locaux prioritaires
Pour chacun, ajoutez une ligne :
Ce que ce risque pourrait changer concrètement pour notre foyer.
Ne cherchez pas encore à acheter du matériel.
La première étape consiste simplement à savoir à quoi vous vous préparez réellement.
Conclusion
La préparation 72h possède nécessairement une dimension nationale.
Un foyer de Lille, Bordeaux, Marseille, Grenoble ou Fort-de-France aura toujours besoin de certaines fonctions élémentaires :
boire, s’alimenter, s’éclairer, s’informer, communiquer, se soigner.
C’est le rôle du socle commun.
Mais la préparation devient réellement utile lorsqu’elle descend progressivement jusqu’à l’endroit où nous vivons.
Une région possède un climat.
Un département possède des risques.
Une commune possède une géographie.
Un quartier possède des accès.
Un logement possède des caractéristiques.
Et un foyer possède ses propres vulnérabilités.
C’est à l’intersection de tous ces éléments que doit se construire la préparation.
Le PIMS permet d’identifier et d’organiser.
Le kit 72h apporte les ressources communes.
Les modules spécifiques complètent ce qui doit l’être localement.
La démarche devient alors beaucoup plus simple :
Je ne prépare pas mon foyer à toutes les catastrophes possibles.
Je construis un socle commun, puis je l’adapte aux risques qui existent réellement autour de moi.
C’est probablement l’une des meilleures manières de sortir d’une préparation théorique pour entrer dans une véritable culture du risque.
